Élargir la conscience

Les états de conscience modifiés en thérapie

J’allie à mon écoute analytique différentes approches permettant d’explorer et de mobiliser les états de conscience modifiés en thérapie, parmi lesquelles l’hypnose, la méditation de pleine conscience et, dans un cadre thérapeutique spécifique, les approches assistées par les psychédéliques.

Ces différentes pratiques ont en commun de proposer une autre manière d’entrer en relation avec son expérience intérieure. Elles peuvent permettre de déplacer, parfois temporairement, les modes habituels de perception, de pensée et de rapport à soi, afin d’ouvrir un espace d’exploration différent de celui de la conscience ordinaire.

Je me suis formée à l’hypnose à l’Institut Français d’Hypnose à Paris et, depuis deux ans, à la thérapie assistée par les psychédéliques à l’Hôpital Universitaire de Genève, en Suisse. Ces formations nourrissent aujourd’hui une pratique qui s’intéresse particulièrement à la façon dont certains états de conscience peuvent devenir des supports du processus thérapeutique.

La méditation de pleine conscience, ou Mindfulness, constitue l’une des voies permettant de développer cette capacité d’observation. Elle consiste notamment à porter son attention, intentionnellement, au moment présent, en accueillant l’expérience qui se déploie instant après instant, sans chercher immédiatement à la modifier ni à la juger.

Cette pratique peut favoriser une relation différente aux pensées, aux émotions et aux sensations corporelles. Elle permet notamment d’observer les mouvements de l’esprit, les ruminations, les réactions automatiques et les mécanismes habituels qui peuvent contribuer à entretenir certains états de souffrance.

L’hypnose ouvre, quant à elle, un autre type d’espace intérieur. Elle peut favoriser une attention plus intériorisée, une plus grande disponibilité à l’imaginaire, aux sensations et aux associations, et permettre d’explorer autrement certaines expériences, représentations ou ressources psychiques.

Les états de conscience modifiés ne sont donc pas recherchés comme une fin en soi. Ils peuvent constituer un outil thérapeutique, lorsqu’ils sont intégrés dans un cadre contenant, préparé et adapté à la personne. L’enjeu est moins de  fuir  la réalité ou de rechercher un état particulier que de pouvoir parfois regarder son expérience depuis un autre point de vue, avec davantage de souplesse et de disponibilité.

Dans certaines situations, ces expériences peuvent permettre de prendre de la distance avec des modes de fonctionnement devenus trop automatiques, de rencontrer autrement certaines émotions ou certains conflits, et de faire émerger de nouvelles associations, perceptions ou compréhensions.

Les approches psychédéliques s’inscrivent dans cette perspective particulière. Elles nécessitent un cadre thérapeutique spécifique, une préparation approfondie et un accompagnement adapté. Les psychédéliques ne sont pas considérés comme un traitement en eux-mêmes : c’est le processus thérapeutique dans son ensemble, avant, pendant et après l’expérience, qui donne à celle-ci sa portée potentiellement transformatrice.

Au-delà de la recherche d’un apaisement immédiat, ces différentes approches invitent ainsi à interroger notre manière d’habiter notre expérience. Nous ne pouvons pas toujours modifier les événements extérieurs, mais nous pouvons parfois transformer la relation que nous entretenons avec ce qui nous arrive : apprendre à observer plutôt qu’à réagir, accueillir plutôt que lutter, et retrouver une plus grande liberté dans notre manière de penser, de ressentir et d’agir.

L’exploration des états de conscience modifiés vient ainsi s’articuler à mon écoute analytique, sans s’y substituer. Elle ouvre un espace complémentaire où l’expérience vécue, les sensations, les émotions, les images et les associations peuvent prendre une place particulière dans le travail thérapeutique.